Publications grappe > Communiqués de presse
mardi 5 mars 2013 par Paul Lannoye

La santé des enfants ne peut pas faire l’objet d’un compromis

 

Depuis l’interview-choc du patron de Belgacom, Didier Bellens, où il remettait en cause l’existence de la norme en vigueur en Région bruxelloise en matière de protection contre les radiations non ionisantes, un nouveau débat surréaliste est né dans notre pays.
Partant du postulat que le déploiement de la technologie de transmission 4G ne peut être discuté et encore moins contesté, les opérateurs s’évertuent à brocarder une norme qu’ils jugent inutilement sévère et dont ils prétendent qu’elle constitue un obstacle insurmontable pour leur projet.
La Ministre de l’environnement, mise sous pression et apparemment peu soutenue par ses collègues de l’exécutif bruxellois, a sorti de son chapeau une « solution » dont elle prétend qu’elle concilie les impératifs de santé publique, économiques, environnementaux et technologiques.
Il s’agit en fait d’une mystification dont le but est en effet de satisfaire les exigences des opérateurs tout en feignant de leur résister.
Sortir du champ d’application de la norme les radiations émises par la 4G, sans la moindre justification scientifiquement fondée est non seulement politiquement ridicule mais constitue un recul grave en matière de protection de la santé.
La Ministre devrait savoir que les travaux scientifiques se sont multipliés au cours de ces dernières années pour confirmer les risques de l’exposition aux rayonnements électromagnétiques émis par les technologies sans fil : génotoxicité et dommages sur l’ADN, affaiblissement de la barrière hémato-encéphalique, effets sur la fertilité et la reproduction, stress cellulaire, effets sur le système immunitaire, effets neurologiques et troubles du comportement, tumeurs cérébrales, leucémies, etc.
En outre, il est largement démontré que les enfants et, plus encore, les enfants à naître sont particulièrement vulnérables face à ce type de nuisance.
Il y a seulement quelques semaines, le groupe Bioinitiative (29 spécialistes de notoriété mondiale en bioélectromagnétisme) a actualisé le rapport publié initialement en 2007 sur l’état des connaissances scientifiques à ce sujet. Conclusion générale : « les preuves de risques pour la santé se sont considérablement accumulées depuis 2007 (voir le site www.bioinitiative.org).
Il apparaît notamment que les effets mis en évidence pour de très faibles niveaux d’exposition se manifesteraient déjà, en cas d’exposition permanente et prolongée, pour des niveaux de l’ordre de 0.003 µW/cm² (soit 0.1V/m) et 0.05 µW/cm² (soit 0.4V/m) soit des niveaux largement inférieurs à la valeur-limite actuellement en vigueur à Bruxelles.
Ecarter d’un revers de main, comme le font les opérateurs, ces constats très inquiétants au nom d’un progrès technique pour le moins discutable est totalement irresponsable. Les ignorer, au nom d’un prétendu compromis entre les impératifs de santé publique et ceux du développement technologique est, pour Teslabel et le Grappe, totalement inacceptable.

Les deux associations ne manqueront pas d’utiliser toute voie de droit permettant d’entraver ce recul, si les responsables politiques bruxellois s’engagent effectivement vers ce type de décision.
La protection de la santé, surtout lorsqu’il s’agit de jeunes enfants, doit être une priorité absolue. Plutôt qu’affaiblir les normes existantes, il faudrait au contraire les rendre nettement plus rigoureuses pour respecter vraiment le principe de précaution.

Jean-Luc Guilmot , président de Teslabel asbl et Paul Lannoye, président ff du Grappe asbl