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lundi 4 juin 2012 par Alain Uguen
Ceci est un article externe qui ne reflète pas la position officielle du GRAPPE

Effet cocktail : pour la Commission, il est urgent … d’attendre !

 

Bruxelles, le 31 mai 2012,

Les associations de défense de l’environnement et de la santé expriment leur profonde préoccupation après la communication publiée le 31 mai par la Commission européenne sur l’exposition de la population aux mélanges de produits chimiques, le fameux « effet cocktail ». La question des perturbateurs endocriniens inquiète particulièrement les associations.[1] « Cette communication est une sérieuse déception. Elle ne reflète pas l’urgence à traiter les enjeux de l’effet cocktail. D’un côté la Commission admet que le système actuel d’évaluation des risques ne permet pas de tenir compte des effets cumulés de plusieurs substances chimiques absorbées par différentes voies d’exposition ; de l’autre, elle renonce à résoudre cette défaillance de la sécurité sanitaire », explique Yannick Vicaire, chargé de mission au Réseau Environnement Santé.

En Décembre 2009, les ministres de l’UE avaient demandé à la Commission de produire un rapport sur la façon dont les règlements existants couvraient les risques de l’effet cocktail en appelant à déployer l’action nécessaire « pour traiter les effets de la combinaison de produits chimiques ».[2]

Un nombre croissant d’études scientifiques suggèrent que les perturbateurs endocriniens (PE), en particulier en combinaison, jouent un rôle dans le développement des maladies chroniques, telles que les cancers hormonaux (sein, prostate, testicules), l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires et les troubles de la reproduction … [3]. Une étude récente menée par l’Agence de protection de l’environnement danoise a montré que les femmes enceintes ont dans leur corps un certain nombre de perturbateurs endocriniens différents, [4] connus pour leur susceptibilité à traverser le placenta. Le fœtus est donc exposé et cette période du développement est extrêmement sensible pour la genèse de maladies chroniques.

Un certain nombre de lois de l’UE visent à protéger les citoyens contre l’exposition aux produits chimiques nocifs. Cependant, chaque exposition est considérée individuellement sans tenir compte des combinaisons possibles. De plus, l’évaluation des risques associés à certains produits chimiques, tels que les pesticides, les biocides et les produits chimiques industriels se fait selon différentes modalités car régie par des textes de loi bien distincts – la réalité de l’exposition humaine est plus complexe et ne respecte pas ces séparations administratives.

« Nous avons désespérément besoin d’une stratégie contre ces expositions aux mélanges de substances chimiques ; nous faisons face à une épidémie de maladies chroniques coûteuses, douloureuses et invalidantes », a déclaré François Veillerette, porte-parole de Générations Futures et de PAN-Europe, « dans cette situation, la Commission ne peut se contenter de proroger le statu quo ». En réalité, la population et la faune sont exposés à de nombreux produits chimiques différents dans le même temps.

La communication publiée aujourd’hui propose une plate-forme pour les données existantes de surveillance chimique et une meilleure coordination à travers les différentes entités de la Commission responsables des différentes lois de l’UE. Elle annonce des lignes directrices techniques pour promouvoir la cohérence entre les différentes législations qui ne remplaceront pas les règles existantes, ainsi qu’un rapport d’ici Juin 2015, mais ne propose pas de changements dans les procédures d’évaluation des risques pour prendre en compte les mélanges ni de mises à jour ou d’ajustements de la législation européenne.

Nous vous proposons de souligner notre déception en interpellant directement le Président de la Commission Européenne et les euro-députés de votre euro-circonscription.

Alain Uguen

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