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lundi 13 février 2012 par Inès Trépant

Politique Agricole Commune à l’horizon 2020 : une réforme en trompe l’œil

 

En octobre 2011, la Commission européenne a présenté son paquet législatif sur la réforme de la PAC. Ces propositions législatives, qui devraient entrer en vigueur en 2014, s’articulent autour des grands axes définis préalablement dans la Communication de la Commission (novembre 2010) présentant les objectifs et scénarios possibles pour la Politique Agricole Commune de l’UE pour la période 2014 - 2020.

Le cadre de la réforme est étriqué.

En premier lieu, elle doit répondre aux exigences de l’économie mondiale. L’objectif de la Commission est donc de renforcer la compétitivité et la productivité du secteur agricole de l’UE, dans un environnement de plus en plus mondialisé, marqué par une volatilité croissante des prix. Loin d’être remis en cause, la libéralisation des marchés agricoles est perçue comme une aubaine pour l’UE , en ce qu’elle offre notamment de nouvelles perspectives aux exportateurs européens de produits alimentaires.

En second lieu, la Commission conçoit la réforme de la PAC dans le cadre de la stratégie Europe 2020, dont l’objectif est d’instaurer une croissance "intelligente, durable et solidaire". Dans cette optique, la réforme de la PAC est destinée à relever un triple défi : défis économiques (sécurité alimentaire, volatilité des prix, crise économique) défis environnementaux (émissions de gaz à effet de serre ; érosion et dégradation des sols ; qualité de l’eau et de l’air ; habitats et biodiversité) et défis territoriaux (vitalité des zones rurales ; diversité de l’agriculture de l’UE). Par un tour de force spectaculaire, la Commission ambitionne donc de faire la quadrature du cercle et réaliser simultanément l’ensemble de ces objectifs, selon un scénario "gagnant-gagnant". Dans les faits, le projet de réforme de la PAC à l’horizon 2020 s’enfonce dans ses contradictions, dès lors que l’objectif de compétitivité agricole dans un contexte mondialisé est érigé en priorité absolue. En définitive, pour le GRAPPE, la réforme de la PAC actuelle constitue une réforme en trompe l’œil, dont il est urgent de modifier les orientations.

Dans le document ci-annexé, le GRAPPE vous livre son analyse et ses propositions pour recentrer la production agricole en fonction des besoins de la population, dans le respect des écosystèmes, et d’une revalorisation cruciale du monde paysan.

Pour le GRAPPE

Inès Trépant


Réforme de la PAC : Position du GRAPPE