En hommage aux milliers de victimes de la catastrophe de Tchernobyl, le GRAPPE, Groupe de Réflexion et d’Action Pour une Politique Ecologique, a tenu à s’associer à la journée internationale de mobilisation contre le nucléaire. A cette occasion, il a rappelé les trois initiatives qu’il souhaite voir prendre par le gouvernement belge et plus particulièrement par le Ministre Magnette qui lance le « Printemps pour l’Environnement »

Communiqué de presse du 18 avril 2008
Dans la nuit du 26 avril 1986 et dans les mois qui suivirent, un million d’hommes, appelés liquidateurs, ont été lancés contre le réacteur de Tchernobyl en feu pour éteindre l’incendie, recouvrir les ruines de la centrale explosée par un sarcophage, improvisé en conditions de radioactivité terrifiante, et pour effacer les conséquences de la catastrophe partout : à la centrale, dans les villages, sur les routes, dans les champs. Ils ont combattu les radionucléides à mains nues, avec des pelles et des jets d’eau. Des dizaines de milliers sont morts et continuent de mourir. Aujourd’hui encore, des millions des gens continuent à vivre dans les zones touchées par la catastrophe de Tchernobyl et à consommer des produits agricoles contaminés
En hommage à ces milliers de victimes le GRAPPE, Groupe de Réflexion et d’Action Pour une Politique Ecologique, a tenu à s’associer ce 18 avril à la journée internationale de mobilisation contre le nucléaire coordonnée par le Réseau "Sortir du nucléaire » en marquant une minute de silence.
Il a rappelé également les trois initiatives qu’il souhaite voir prendre par le gouvernement belge et plus particulièrement par le Ministre Magnette qui lance le « Printemps pour l’Environnement »
Initiative belge visant à mettre fin au traité Euratom.
Le traité Euratom, signé en mars 1957 comme le traité de Rome, a été conclu pour une durée illimitée. Ce traité est confirmé dans le traité de Lisbonne soumis à ratification. Pourtant force est de constater aujourd’hui que ce traité n’a plus la justification politique qu’il pouvait avoir 50 ans plus tôt. Rien ne justifie aujourd’hui d’accorder un traitement privilégié à l’énergie nucléaire. Au contraire même, au vu des risques exceptionnels qu’elle implique et à l’absence de solution écologiquement acceptable pour l’élimination des déchets radioactifs. Par ailleurs, il perpétue depuis l’origine, un mode de fonctionnement particulièrement anti-démocratique, en ce qu’il limite le rôle du parlement européen à une simple consultation. De nombreux Etats membres, en renonçant à l’énergie nucléaire, rejettent de facto un traité dont l’article 1 déclare que la Communauté doit créer les conditions nécessaires à l’établissement rapide et à la croissance de l’industrie nucléaire. Cet objectif n’est pas atteint et ne le sera heureusement jamais. Il est donc politiquement, économiquement et écologiquement souhaitable de mettre fin à ce traité. La meilleure voie serait celle du consensus, obtenu après un débat entre les 27 Etats membres à l’initiative de certains d’entre eux. En cohérence avec la décision prise en 2002 de sortie du nucléaire, la Belgique doit être partie prenante d’une telle initiative. A défaut, un retrait unilatéral est possible, conformément à la Convention de Vienne sur le droit des traités.
Initiatives de la Belgique au sein des Nations Unies visant
1) à interdire l’utilisation d’armes nucléaires de faible puissance ou à base de matériaux radioactifs (uranium appauvri) ainsi que des bombes à fragmentation.
2) à abroger l’accord de 1959 entre l’OMS et l’AIEA
1.) La première initiative concerne les armes à uranium appauvri et les armes nucléaires de faible puissance. L’usage de ces deux types d’armes entraîne une contamination radioactive potentiellement dramatique tant pour les écosystèmes que pour les populations civiles (ainsi d’ailleurs que pour les troupes présentes sur le théâtre des opérations) .En outre, il entraîne le monde entier dans une logique de banalisation de l’arme nucléaire désastreuse pour l’humanité et pour la planète. Quant aux bombes à fragmentation, même s’il ne s’agit pas de matériaux radioactifs, leur principe même est condamnable au même titre que les mines anti-personnel puisque les civils sont souvent les principales victimes.
2.) Le 28 mai 1959, la douzième Assemblée générale de l’OMS confiait à l’Agence internationale de l’énergie atomique ( AIEA) la responsabilité première d’encourager , assister et coordonner la recherche, le développement et les applications pratiques de l’énergie atomique à des fins pacifiques à travers le monde. Comme l’AIEA a une double mission - veiller à la non prolifération mais aussi au développement de l’industrie nucléaire pacifique- il est clair que cet accord devait conduire l’OMS à faillir à sa propre mission qui est de protéger la santé de tous les peuples du monde. Dans deux dossiers d’actualité récente, ce fut le cas. Il s’agit de l’évaluation des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl d’une part et de l’application des risques liés à l’utilisation des armes à uranium appauvri d’autre part. En conséquence, il est urgent de dénoncer à bref délai l’accord qui lie l’OMS à l’AIEA.
Les 435 réacteurs nucléaires actuellement en service sur la planète sont vieillissants et devront être fermés dans les prochaines années. Au lieu d’en construire de nouveaux pour les remplacer et perpétuer ainsi le péril atomique, tant civil que militaire, le GRAPPE appelle à profiter au contraire de cette conjoncture pour hâter la fin de cette technologie dépassée et pour investir massivement, partout dans le monde, dans les énergies renouvelables.
Ce communiqué est destiné à toute la presse mais aussi plus particulièrement au Ministre Magnette qui vient de lancer en Belgique le « Printemps pour l’environnement »
Pour le GRAPPE
Michèle Gilkinet, présidente et Paul Lannoye, administrateur
Pour plus d’information : 003271876779
Pour découvrir les actions menées un peu partout le 26 avril et coordonnées par le Réseau sortir du nucléaire :