Bienvenue sur le site du GRAPPE asbl, Groupe de Réflexion et d’Action Pour une Politique Écologique

C’est avec plaisir que nous vous proposons quelques lectures :

Livres :

1. "Faut-il faire sauter Bruxelles ?" de François Ruffin aux éditions Fakir, 2014 - 7 euros

"C’est pas rien, l’Europe. Elle surveille nos déficits et contrôle nos budgets. Elle gère notre monnaie. Elle en appelle à la "compétitivité" et à la "modération salariale". Mais comment s’informer sur ce machin qui, à deux heures de Paris, nous paraît si loin ? Pour s’informer sur l’Europe, on a donc fait du tourisme.....

C’est à cette promenade que le lecteur est invité ; une excursion dans la capitale de l’Europe. Mais qui est aussi, surtout, une incursion dans les têtes de ceux qui la font."

Fondateur du journal Fakir, François Ruffin est reporter pour l’émission Là-bas si j’y suis sur France Inter, ainsi que pour le Monde diplomatique.

2. "Penser et agir avec Illich" , sous la direction de Martine Dardenne et Georges Trussart , aux éditions Couleur Livres , 2005 - 10 euros.

"Ivan Illich est un des plus grands penseurs et analystes de la société industrielle et des institutions de la fin du XX ème siècle. Ce livre s’adresse à toute personne soucieuse de penser autrement les manières de répondre aux besoins fondamentaux de l’humanité".

Brochures :

1. " Irradier nos aliments ? non merci" de Maria Denil et Paul Lannoye, éditions Fugea- Grappe, 2005 - 1 euro

2. "Géo-ingénierie : un remède pire que le mal", de Paul Lannoye, dossier n° 1 du Grappe asbl, 2011 - 3 euros

3. "10 bonnes raisons de manger moins de viande. La qualité plutôt que la quantité", de Daniel Cauchy et Rocio Gomez Canca, dossier n° 2 du Grappe asbl, 2012, 5 euros.

4." L’huile de palme en accusation", par Paul Lannoye, dossier n° 3 du Grappe asbl, 2013, 5 euros

Journal : Fakir n° 64 février-mars- avril 2014 , 3 euros

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Bonne lecture !

Le Grappe asbl

Les enjeux citoyens du commerce mondial : le parent pauvre des débats électoraux

À quelques encablures des élections, chaque parti politique fourbit ses armes et arguments pour se positionner sur des questions citoyennes majeures, principalement sur le volet socio-économique. Mais une thématique essentielle, qui influe sur une myriade d’aspects de notre vie quotidienne, est généralement évacuée des débats : les enjeux citoyens du commerce international.

Ce déni est lourd de conséquence pour le système démocratique. Tant le commerce international agit comme camisole de force sur les choix des électeurs. Le traité de partenariat transatlantique (TTIP) constituant à ce titre la pointe émergée de l’iceberg. Désormais, la libéralisation des échanges, négociée dans le cadre de l’OMC ou d’accords de libre-échange bilatéraux, porte sur des pans entiers de l’économie des États. En outre, ces négociations visent à éliminer les "obstacles non tarifaires" au libre-échange. Comprenez les normes de sécurité et de santé publique, environnementales, sociales ou de protection des consommateurs, édictées par le législateur.

C’est donc le "pouvoir démocratique" des législateurs qui est "négociable" et mis en pâture à l’appétit gargantuesque des multinationales, pour qui les normes constituent des "obstacles" à la conquête de nouveaux marchés. Pour ces raisons, il est urgent de lever le voile sur l’ingérence du commerce dans notre vie quotidienne. En particulier, les citoyens sont en droit d’attendre des candidats aux élections qu’ils se positionnent sur la myriade d’accords de libre-échange en gestation ou en voie de finalisation que les institutions européennes concoctent tous azimuts. D’abord, parce que la libéralisation du commerce constitue l’alpha et l’oméga de la "Stratégie 2020", selon laquelle l’Union européenne doit devenir une "économie intelligente, durable et inclusive". Ensuite, parce que l’idée selon laquelle "la concurrence est libre et non faussée" est une imposture. Dans le cadre d’une économie mondiale largement libéralisée, les forces du marché récompensent les vices et pénalisent les vertus.

Par exemple, la capacité de l’UE de jouer un rôle pionnier en matière de lutte contre le réchauffement climatique a d’emblée buté sur les « impératifs » qu’elle s’assigne en termes de compétitivité internationale. Opérant dans le cadre d’une économie-monde, le marché décourage en effet les États à mener une politique climatique ambitieuse : s’ils appliquent le principe du "pollueur-payeur", leurs entreprises peuvent être tentées de délocaliser investissements et production vers des pays moins exigeants en matière environnementale.

Dans un autre domaine, la récente réforme de la Politique Agricole Commune (PAC), dont l’objectif est notamment d’accroître la vocation exportatrice du secteur agro-alimentaire de l’UE, représente un nouveau camouflet pour les citoyens européens, qui aspirent pourtant à s’alimenter sainement, par l’entremise de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et de la santé publique. Comment les autorités politiques peuvent-elles prétendre que la libéralisation de l’agriculture est compatible avec la généralisation de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement ? Alors que, pour rester dans la course, des coups de rabot sur les normes agro-environnementales s’avèrent généralement inéluctables, dans le cadre d’une économie ouverte, puisqu’elles renchérissent les coûts de production ? En réalité, tant que la Commission européenne, - avec l’appui du Conseil et du Parlement européen -, refusera de remettre en cause le postulat du libre-échange en matière agricole, les mesures agro-environnementales resteront principalement d’ordre cosmétique.

Enfin, comment peut-on efficacement plaider en faveur d’une justice fiscale, tant que les fonds de capitaux, les grandes fortunes et les méga-firmes pourront circuler librement et se mettre aisément à l’abri du fisc en s’abritant dans un des multiples paradis fiscaux de par le monde, etc.?

D’un espace "ouvert", l’Europe a glissé vers un espace "offert", où l’impact réel des femmes et hommes politiques sur la vie économique d’un pays est de plus en plus limité. Le libre-échange, c’est "l’assurance vie" des multinationales et du patronat ; le levier d’un nivellement par le bas des salaires ; l’arme la plus puissante dont ils disposent pour inculquer auprès des masses salariales la résignation. Face à la pléthore des pays à bas coût de main-d’œuvre, qui constitue l’armée de réserve du patronat, le chantage permanent à la délocalisation est d’une efficacité redoutable. Dans cette course mortifère à la compétitivité, les autorités politiques des États de l’UE endossent le rôle de joueur de flûte d’Hamelin, précipitant son peuple dans une descente aux enfers, où normes sociales et droits sociaux, acquis au cours de douloureuses luttes sociales, sont en sursis.

En conclusion : parce que le commerce international influe de multiples façons dans notre vie quotidienne, un large débat sur les enjeux commerciaux s’impose dans le cadre des élections de mai 2014. De la même façon, il convient d’avoir un débat décomplexé et sans tabou sur le protectionnisme. Comme le rappelle l’économiste et philosophe Frédéric Lordon, "La concurrence est un alcaloïde. À dose modérée, c’est un excitant. À dose massive, c’est un poison" . Il va sans dire qu’on a largement dépassé le stade du poison, comme l’atteste la crise écologique et sociale sans précédent.

Plus que jamais, on est en droit d’attendre du monde politique qu’il sorte du bois, fasse preuve de courage et d’audace dans l’intérêt collectif :

 L’audace de s’attaquer au dogme du libre-échange, en ce qu’il légalise de facto le dumping social, fiscal et écologique. Dès lors qu’il devient une fin en soi, au lieu d’être un instrument modulable au service d’intérêts collectifs, il procède de la dérive totalitaire.

 L’audace de s’attaquer au fondement du libre-échange actuel pour se réapproprier le débat démocratique et donner de nouvelles perspectives pour les citoyens.

 Le courage politique de dire la vérité aux gens. La clé de la compétitivité européenne dans le cadre d’une économie-monde, c’est la course effrénée à toujours moins : moins de contraintes sociales ou environnementales. A l’inverse, faire croire en l’inévitabilité de l’ultra-libéralisme, c’est faire le jeu de la glorification de l’impuissance.

 L’audace de réhabiliter le "droit de se protéger" dans une perspective de promotion des droits fondamentaux en matière écologique et sociale et d’instauration de règles commerciales équitables. C’est un enjeu éminemment démocratique, sur lequel les partis politiques et les médias ne peuvent faire l’impasse.

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Edito de Mai 2014 écrit par Inès Trépant

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Edito de Mars 2014 écrit par Inès Trépant

Energies renouvelables : quand l’enfer est pavé de bonnes intentions

Edito de Janvier 2014 écrit par Paul Lannoye

Sale temps pour la démocratie ... Sale temps pour l’écologie.

Edito de septembre 2013 écrit par Paul Lannoye

Non à l’huile de palme

Edito de juin 2013 écrit par Inès Trépant

Partenariat transatlantique : la boîte de Pandore

Edito de mars 2013

Entre nuisances technologiques et priorité à la santé, il ne peut être question de compromis !

Edito de Novembre

Il y a urgence : il faut refonder l’Europe

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Quels sont les espoirs du sommet d’Hyderabad sur la biodiversité ?

Edito de septembre

Slow, small, l’heure des convergences et des paradoxes

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